curieux
mardi 1 janvier 2013
jeudi 27 décembre 2012
La théorie de l'obélisque
Pascal,
Comme je vous l’avais suggéré ce dimanche après la
visite de l’expo Grandville, voici
une relation sur Proudhon,
contemporains et provinciaux tous deux ;
originaux par la nouveauté de leurs oeuvres : dessin et
philosophie, deux précurseurs…
Vous avez brillamment développé les préparatifs de
l’érection de l’obélisque place de la Concorde, évènement important étant
donné la qualité des personnages acteurs, l’exotisme de l’évènement…ayant
probablement marqué les esprits ; Proudhon
commente la force prodigieuse qui
se dégage de la scène..
« Deux
cents grenadiers ont en quelques heures dressé l'obélisque de Louqsor sur sa
base; suppose-t-on qu'un seul homme, en deux cents jours, en serait venu à bout ... Le capitaliste, dit-on, a payé les
journées des ouvriers; pour être exact il faut dire que le capitaliste a payé
autant de fois une journée qu'il a employé d'ouvriers chaque jour, ce qui n'est
point du tout la même chose. Car cette force
immense qui résulte de l'union et de l'harmonie des travailleurs, de la
convergence et de la simultanéité de leurs efforts, il ne l'a point payée." Qu'est-ce que la propriété ? 1840
"
Cent hommes,
unissant ou
combinant leurs efforts, produisent, en certains cas, non pas cent fois comme un, mais deux cents
fois, trois cents fois, mille fois. C'est ce que j'ai nommé force collective.
" De la capacité politique des classes ouvrières 1865
Gaston Bordet
nous l’explique :
« Lorsqu’en
1836, est dressée sur son socle l’obélisque de Louxor place de la Concorde à
Paris, Proudhon raconte que 200 ouvriers ont travaillé pendant une
heure ; ensemble, ils ont réussi en coordonnant leurs efforts. Le patron
de l’entreprise a payé 200 fois une heure et a donc versé la même somme que si
un ouvrier seul avait travaillé 200 heures. Or l’ouvrier seul n’aurait abouti à
rien.
P en tire une
double conclusion :
1. d’un
groupe d’hommes coordonnant ses efforts, il résulte une force communautaire
considérable ...En coopérant, l’ouvrier du groupe n’a rien enlevé à qui que ce soit. Il ne gène personne
et n’entrave en aucune façon la liberté de chacun. Bien au contraire, il fait
réussir les autres et donc le groupe, par la collectivité.
2. Le patron
en particulier et le capitalisme en général en ne payant les ouvriers qu’en
fonction des heures effectuées, ne
tiennent aucunement compte de cette
force collective mutuelle d’une efficacité surprenante, de cette
« plus-value »…Le mot est de Proudhon. »
Revue Historia. Mars-avril 2009-Gaston Bordet.
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