jeudi 27 décembre 2012

La théorie de l'obélisque


Pascal,

Comme je vous l’avais suggéré ce dimanche après la visite de l’expo Grandville, voici une relation sur Proudhon, contemporains et provinciaux tous deux ;  originaux par la nouveauté de leurs oeuvres : dessin et philosophie, deux précurseurs…

Vous avez brillamment développé les préparatifs de l’érection de l’obélisque place de la Concorde, évènement important étant donné la qualité des personnages acteurs, l’exotisme de l’évènement…ayant probablement marqué les esprits ; Proudhon  commente la force  prodigieuse qui se dégage de la scène.. 

 PROUDHON et La théorie de l’obélisque : une autre approche de la propriété.




« Deux cents grenadiers ont en quelques heures dressé l'obélisque de Louqsor sur sa base; suppose-t-on qu'un seul homme, en deux cents jours, en serait venu à bout ... Le capitaliste, dit-on, a payé les journées des ouvriers; pour être exact il faut dire que le capitaliste a payé autant de fois une journée qu'il a employé d'ouvriers chaque jour, ce qui n'est point du tout la même chose. Car cette force immense qui résulte de l'union et de l'harmonie des tra­vailleurs, de la convergence et de la simultanéité de leurs efforts, il ne l'a point payée." Qu'est-ce que la propriété ? 1840

" Cent hommes, unissant ou combinant leurs efforts, produisent, en certains cas, non pas cent fois comme un, mais deux cents fois, trois cents fois, mille fois. C'est ce que j'ai nommé force collective. " De la capacité politique des classes ouvrières 1865

Gaston Bordet nous l’explique :
« Lorsqu’en 1836, est dressée sur son socle l’obélisque de Louxor place de la Concorde  à  Paris, Proudhon raconte que 200 ouvriers ont travaillé pendant une heure ; ensemble, ils ont réussi en coordonnant leurs efforts. Le patron de l’entreprise a payé 200 fois une heure et a donc versé la même somme que si un ouvrier seul avait travaillé 200 heures. Or l’ouvrier seul n’aurait abouti à rien.
P en tire une double conclusion :
1. d’un groupe d’hommes coordonnant ses efforts, il résulte une force communautaire considérable ...En coopérant, l’ouvrier du groupe n’a rien  enlevé à qui que ce soit. Il ne gène personne et n’entrave en aucune façon la liberté de chacun. Bien au contraire, il fait réussir les autres et donc le groupe, par la collectivité.
2. Le patron en particulier et le capitalisme en général en ne payant les ouvriers qu’en fonction des heures effectuées,  ne tiennent aucunement  compte de cette force collective mutuelle d’une efficacité surprenante, de cette « plus-value »…Le mot est de Proudhon. »
Revue Historia. Mars-avril 2009-Gaston Bordet.




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